COUP DE GUEULE D UN SOIGNANT DE DIEPPE.

Un coup de gueule justifié d’un camarade de l’hôpital de Dieppe
Je suis très énervé, Véran vient de m’écrire, comme à tous les collègues hospitaliers.
C’est la 1ère fois depuis le début du Covid que le Ministre de la Santé nous écrit, à tous, personnellement, les yeux dans les yeux.
Et Libération de ce matin explique que c’est à cause des clusters dans les hôpitaux en citant : « En janvier, 148 agents de l’ hôpital de Dieppe ont été testés positifs »)
Donc Véran m’écrit.
Est-ce pour aider les hospitaliers à soigner ?
Est-ce qu’il m’annonce l’arrêt des fermetures de lits, l’arrêt de la liquidation accélérée de la psychiatrie (fermetures au Rouvray, à GR, à Clermont de l’Oise…).
Est-ce qu’il annonce enfin la formation de médecins réanimateurs en nombre, et l’augmentation des lits de réa ? Un plan d’urgence pour augmenter les formations infirmières et surtout pour reprendre tous les cours en IFSI (actuellement suspendus)?
Est-ce qu’il nous annonce des recrutement à l’hôpital et en EHPAD, qui nous protègerait de l’épuisement, de la polyvalence et du recours forcené aux heures supplémentaires ? (Polyvalence et heures supplémentaires totalement responsables du cluster du CH Dieppe en janvier avec 15% des soignants infectés).
Est-ce qu’il nous annonce des blouses au lieu des sacs poubelle.
Est-ce qu’il nous annonce que les 22% de précaires (200 000)dans les hôpitaux et les EHPAD seront recrutés au statut ? (chacun comprend que cette décision rendrait l’hôpital attractif).
Non rien de tout ça.
Rien de rien.
Veran m’écrit pour me dire que je suis responsable du Covid. Que les hospitaliers sont responsables de la propagation !
Ça fait un an que les hospitaliers triment comme des malades, au départ, sans masque sans gants, sans surblouses, faut-il le rappeler… Et Véran nous écrit maintenant pour rejeter sa faute, sa défaillance totale sur nous.
Et après quoi ? Des sanctions ?
Il est temps de faire bloc, avec nos syndicats, pour défendre l’hôpital, le droit de soigner, et les hospitaliers face à Macron-Véran.
Bruno Ricque, cadre de santé au CH Dieppe.
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